Après la pénurie, les conteneurs sont rattrapés par le surplus

Sur les quais, les dépôts de conteneurs débordent, dernière manifestation du ralentissement économique et de la faiblesse de la demande alors que les taux de fret, sur certaines routes, ont déjà retrouvé leur niveau d’avant pandémie voire même sont légèrement inférieurs. Selon des données convergentes, il y aurait plus de 6 millions d'unités en excès.

Conteneur : retour à la réalité de 2019

Parce que l’offre de navires augmente au moment même où il y a un grand coup de frein sur la demande mondiale de transport de conteneurs et parce que la congestion, qui a contribué à soutenir artificiellement le marché, se dissipe rapidement, il semble ne plus y avoir ni soutien pour revenir aux taux élevés de ces deux dernières années, ni appui pour endiguer la baisse actuelle des taux. Décryptage.

Chute accélérée de l'affrètement de porte-conteneurs

L’affrètement des porte-conteneurs n’échappe pas à la baisse extrêmement rapide du secteur. Les indices de référence, qui ont résisté plus longtemps, subissent désormais des baisses bien plus importantes que les taux de fret. La demande de navires s’éteint, traduisant un changement d’appréciation des armateurs pour leur environnement de marché.

Conteneur : changement d'atmosphère

Les taux de fret ont poursuivi leur décrue la semaine dernière sur toutes les routes maritimes et se rapprocheraient désormais des niveaux observés en juin 2020, c'est-à-dire lorsque les prix ont commencé à augmenter pendant la pandémie. Le panorama aura bien changé en un an. Des stocks vides, asséchés par la demande, au trop-plein, faute de consommation. De la sous-capacité des navires à la surcapacité. Gros temps en perspective.

Des perspectives brouillées pour le conteneur

Dans son analyse du marché, le Bimco doit reconnaître qu’elle peine à identifier les points positifs actuellement compte tenu des nombreux « vents contraires ». L’organisation maritime internationale anticipe une faible croissance de la demande de transport cette année, entre 1 et 2 %, mais de l’ordre de 3 à 4 % en 2023. Les taux de fret vont poursuivre leur descente sans revenir à leur niveau d’avant pandémie, est-elle plus assurée. Premier renversement de l’ordre établi ces deux dernières années : le transpacifique n’est plus la route maritime la plus lucrative.

Reefer : les taux de fret ont augmenté de plus de 50 % depuis le début de l'année

Les taux de fret des conteneurs frigorifiques, qui s'étaient légèrement redressés en 2021, ont terminé le semestre sur une progression de plus de 50 %. Mais une stabilisation est déjà en cours sur certains trades alors que l’année 2023 s’annonce en baisse, les chargeurs repoussant des taux de fret considérés comme insoutenables.

La déprime des vraquiers témoigne de la récession de la Chine

La Chine, plus grand producteur mondial d'acier, est confrontée à des interruptions répétées de son industrie sidérurgique. Le confinement de plusieurs grandes villes portuaires a fait plonger les exportations de minerai de fer alors que les vagues de chaleur ont généré des coupures d’électricité. Trente-trois villes sont sous le coup de fermetures partielles ou totales. Le Congrès du Parti communiste, à partir du 16 octobre, devrait de surcroît influencer la demande intérieure de minerai de fer et d'acier.

CMA CGM : un résultat net de 7,6 Md$ au deuxième trimestre 2022

Entre avril et juin, le chiffre d’affaires du groupe de transport maritime et logistique s’est élevé à 19,48 Md$. En un an, CMA CGM a engrangé 7,2 Md$ de recettes supplémentaires et quasiment doublé son bénéfice d’exploitation. Les performances du numéro trois mondial de la ligne régulière égalent celles de son concurrent direct, Maersk, qui a présenté un chiffre d’affaires de 21,3 Md$ et un Ebitda de 10,32 Md$ pour le second trimestre.

ZIM maintient ses bénéfices pour l'année 2022 après un premier semestre inédit

Le premier semestre ne porte pas encore les traces du ralentissement pour le plus petit des grands de la ligne régulière. Mais les résultats financiers du second trimestre, bien qu’à des niveaux historiques, sont en baisse par rapport au premier trimestre. Le cas de l’armateur israélien est guetté. Car sa politique d’affrètement et son exposition aux taux de fret spot, à la source de son apogée, pourraient aussi être à l’origine de ses pertes.

Première amélioration de la fiabilité horaire des navires depuis le début de l'année

Sans être dans les clous des programmes annoncés, les transit time des porte-conteneurs se sont néanmoins améliorés en juin de 3,6 % pour atteindre un taux de fiabilité horaire de 40 %. Les taux de fret spot ont pour leur part baisser de 2 % pour la 23e semaine consécutive. Les indicateurs se normalisent lentement. Mais des risques de mouvements sociaux persistent.

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